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Des vignes et du vin en plein cœur de notre région

22.09.2022

Du vin en Belgique c’est possible !
À Floreffe, à l’ombre de la circulation et dans les hauteurs du village, François Van Pachtenbeke de « Oze Le Vignoble » produit du vin bien de chez nous. Syrah, chardonnay, pinot noir... Il y a dans l’air comme un air du sud !

Un article de Potimanon

François a commencé en amateur en 2012 avec 200 pieds de vigne, 150 en pinot noir et 50 en chardonnay. Aujourd’hui, le vignoble en compte 1.550.

« On a commencé par plaisir. Et puis on s’est vite rendu compte que produire du vin, ce n’était pas simplement planter des vignes. Il y a beaucoup d’étapes à gérer, de la taille des vignes au matériel nécessaire pour produire du vin en passant par les fermentations et les moyens pour suivre l’évolution du raisin. » François a fait ses armes lors d’une première vendange en 2014, qui fut une véritable catastrophe. « Des étourneaux ont tout ravagé. Lorsque je suis arrivé pour effectuer les relevés de sucre dans les raisins, il n’y avait plus que des squelettes de fruits. Cette épreuve nous a donné la niaque et on s’est dit que c’était le moment d’investir à fond dans cette passion. On a alors décidé d’agrandir le vignoble. Il reste petit, mais il recense plusieurs cépages, avec plusieurs porte-greffes différents, soit un véritable couteau suisse en termes de vin. »

Les vendanges, une étape cruciale dans la fabrication du vin

Oze Le Vignoble produit des vins tranquilles, en blanc, en rouge, et des vins effervescents, ce qui permet ainsi de nombreux assemblages. Mais avant d’en arriver au produit tel qu’on le connaît dans nos verres, il faut passer par de nombreuses étapes, dont une cruciale : les vendanges ! Véritablement, la consécration du travail de l’année pour tous les vignerons.

« En août, nous sommes d’abord dans une période qui s’appelle la véraison, nous explique François. Le raisin accumule du sucre, produit par la photosynthèse, qui va faire évoluer les baies. Les raisins changent alors de couleur: les raisins rouges passent du vert à une teinte rouge, presque noire. Les raisins blancs, eux, passent du vert au transparent, et puis au côté or. Une fois que la montée du sucre se fait dans le raisin, on arrive alors à véraison complète, c’est-à-dire lorsque toutes les baies regorgent de sucre. »

Comme l’explique François, les vendanges sont le croisement de deux indicateurs :

  1. Le taux de sucre. Pour l’obtenir, il faut l’évaluer. « On va utiliser un réfractomètre qui permet de traduire le potentiel alcool qu’on peut obtenir avec les raisins au moment où l’on fait le relevé. Il suffit pour cela de passer le jus dans la machine, et le tour est joué » explique François.
  2. La maturité phénolique. Il s’agit de la maturité optimale de la baie. « Il existe deux manières de la jauger : soit on envoie régulièrement des baies de raisin en laboratoire afin de déterminer le meilleur moment, soit on le fait de manière artisanale… Et pour cela, on se base sur l’observation et la dégustation du pépin. »

« C’est le croisement des deux qui permet de déclencher le moment où vendanger. Plus la maturité sera jugée correctement, au mieux le vin sera. Si on vendange trop tôt, on risque d’avoir des vins acides, déséquilibrés. L’idée est de chercher l’équilibre dans le vin, aussi bien au niveau de l’acidité, que dans le taux d’alcool et les arômes. L’ensemble de ces paramètres est très important. »

Une journée type pendant les vendanges,
cela donne quoi ?

François explique que la première étape d’une journée de vendanges consiste à relever les filets des cépages qui vont être vendangés. « On est souvent aidés lors des vendanges. Il y a toujours des bras qui se lèvent quand on demande un coup de main » avoue en souriant François. « On s’arme de nos caissettes à vendange – ici avec des petits trous pour que le jus coule directement si jamais il arrivait quoi que ce soit, précise François. On pense bien entendu à désinfecter le matériel ! On doit faire attention à l’hygiène. » C’est ensuite parti pour aller chercher les rafles. « En même temps que les vendanges, on goûte pour vérifier qu’on est bien à la bonne maturité. Il peut arriver qu’on laisse certains raisins qu’on revient alors chercher plus tard. » Dans le même temps, il faut alors surveiller ce qui se passe dans les chais ainsi que dans les vignes.  « C’est littéralement la concrétisation du travail de l’année. Je tente de la faire cool, mais il ne faut oublier aucune étape » précise François.

Et une fois ce travail accompli ?

Il faut effectuer un suivi de chaque étape. « Une fois que c’est pressé, on vérifie la densité des jus, voir comment ça se passe. En fonction de ce qu’on veut faire, parfois on ne fait pas démarrer les fermentations tout de suite. Tout dépend de la manière dont on va sentir la chose aussi. » Ainsi, chaque cépage va demander des étapes de vendanges différentes. « On a dans le chai des cuves en inox qui permettent de jouer assez facilement, précise François qui n’utilise d’ailleurs aucune pompe. Je respecte au maximum les jus, pour faire en sorte d’intervenir le moins possible. Quand les jus ont fini leur fermentation, et que je les ai laissés un peu précipiter – mais légèrement – et qu’ils sont transférés en cave, c’est par gravité. On fait ensuite la mise en bouteille, par aspiration de l’air, et non par pompe à nouveau. On a juste le jus qui est aspiré, comme une paille. Il n’y a pas de filtration, et pourtant, on arrive à garder des vins limpides malgré tout ! »

Un travail de longue haleine se cache ainsi derrière chaque vin, et ceux de chez nous ne font pas exception à la règle.