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8 idées reçues sur l'Agriculture !

09.09.2022

Un métier inactuel, réservé aux hommes, pour les personnes solitaires et réservé aux familles d'agriculteurs. Certaines croyances sur l'agriculture ont la vie dure.
Et pourtant, la réalité est bien différente. Eclairage.

Un article de DW Influence

1.
Pas très moderne ?

Détrompez-vous ! Pour être agriculteur, il ne faut pas seulement savoir utiliser ses mains et sa force physique. Il faut aussi pouvoir utiliser sa tête et savoir s’adapter. Le métier a évolué. Jamais ce métier n’a été aussi moderne. La gestion informatisée de l’étable, le drone pulvérisateur guidé par satellites, ou encore le suivi de tracés GPS dans les champs sont autant de nouvelles technologies parmi d’autres au service du travail de la terre. L’enjeu, aujourd’hui, est d’optimiser la durabilité économique, environnementale et sociale. Le numérique est aussi devenu un précieux auxiliaire tant pour la gestion administrative que pour la vente -directe ou via le Net-  des produits tout droit issus de l’exploitation. L’agriculteur moderne est donc un agriculteur connecté !

L’ordinateur et le portable sont devenus
les outils de travail de l’agriculteur.

2.
Il y a de moins en moins de fermes ?

Vrai et faux. La Wallonie comptait, en 2021, 12.683 exploitations agricoles, selon les estimations de Statbel. Un nombre presque inchangé par rapport à 2020 (12.710) et relativement stable (-0,2%) par rapport à 2013, lorsque le sud du pays comptait 12.832 exploitations agricoles.

Pourtant, en 1980, on dénombrait encore près de 38.000 fermes en Wallonie. A l’échelle du pays, la Belgique a ainsi perdu 70% de ses exploitations agricoles en près de 40 ans. Et cette diminution s’est accompagnée d’une forte augmentation de la taille des fermes, qui a triplé en 40 ans.

3.
Un métier d’hommes ?

Agriculteur, un métier d’homme ? Non ! Selon les chiffres de 2016, les femmes représentent un tiers de la main-d’œuvre agricole régulière en Wallonie. Si 50% de ces femmes ont le statut de conjoint-aidant, ce qui est 15% de moins qu’en 1990, cela s’explique, notamment, par le fait que ce statut est devenu obligatoire en 2005.

Mais aujourd’hui, 30% des femmes actives dans l’agriculture wallonne sont cheffes d’exploitation. Et elles sont souvent à l’origine de l’innovation et de la diversification des fermes (vente et ou transformation des produits à la ferme, gîte, ferme pédagogique, accueil à la ferme, etc). Elles assurent aussi  souvent la communication avec l’extérieur.

30% des femmes actives dans l’agriculture wallonne
sont cheffes d’exploitation !

4.
Il ne faut pas être formé pour être agriculteur ?

Faux. C’est une idée reçue. S’il est encore possible d’apprendre quelques métiers sur le terrain, la plupart des activités de la production ou des services à l’agriculture nécessitent une formation de base. Elle est primordiale dans un secteur si complexe pour être, constamment, à la pointe des changements.
Une bonne partie des agriculteurs doivent se former tout au long de leur vie à des compétences de plus en plus pointues. Et ils sont devenus de vrais chefs d’entreprises.
Gérer une entreprise agricole nécessite de savoir s’entourer, déléguer, gérer des salariés, mesurer des risques, anticiper pour prendre des décisions lourdes. L’ouverture d’esprit, la curiosité et l’anticipation sont essentiels. Aujourd’hui, l’agriculteur doit être tout à la fois agronome, vétérinaire, gestionnaire, juriste, comptable, secrétaire, environnementaliste et commerçant. Le tout en un !
Et, si l’agriculteur n’est pas du métier et n’a pas suivi un enseignement à finalité agricole ou agronomique, il peut avoir accès, en Wallonie, à une filière alternative à l’enseignement de plein exercice. La Wallonie s’associe, en effet, à des centres de formation professionnelle pour proposer des cours et des stages en exploitation aux personnes qui souhaitent développer une activité professionnelle dans le secteur agricole. Ces cours et stages sont également accessibles aux travailleurs du secteur pour approfondir ou actualiser leurs connaissances. Ils ouvrent également l’accès aux conditions requises afin de bénéficier d’aides financières accordées par la Wallonie dans le domaine agricole.

5.
Jamaisun jour de vacance ?

Si cela a pu être le cas pour nos anciens, c’est beaucoup moins le cas ces dernières décennies. En effet, de plus en plus d’agriculteurs s’octroient quelques jours de repos bien mérités. Si gérer une exploitation agricole, c’est un travail à temps plein et tous les jours de l’année, il existe la Fédération des services de remplacement agricoles de Wallonie. Ce service de remplacement existe depuis plus de quarante ans. C’est la garantie pour l’exploitant d’être remplacé non seulement lors d’éventuelles vacances mais aussi et surtout en cas en cas de maladie, d’accident ou de décès.

6.
Seulement réservé aux familles d’agriculteurs ?

Posséder un patrimoine familial agricole est évidemment plus facile pour débuter. Acquérir des terres, des machines ou des bêtes est de moins en moins évident. Mais être « du milieu » n’est pas une obligation. Par ailleurs, les départs à la retraite constituent des opportunités de reprise d’exploitation.

A ceux qui souhaitent s’installer et qui n’ont pas d’apports familiaux, il leur est souvent conseillé de s’associer ou de travailler en regroupement via des coopératives.

Il existe aussi des aides financières à l’installation. En Wallonie, vous pouvez bénéficier d’une aide financière publique pour vous aider à démarrer votre propre activité agricole grâce au système de soutien ADISA (système d’Aide au Développement et à l’Installation dans le Secteur Agricole). Grâce à ces dispositifs, le rêve de certains jeunes qui n’ont pas grandi à la ferme devient réalité.

Etre « du milieu »
n’est plus une obligation.

7.
Un métier solitaire ?

L’image de l’agriculteur.trice seul.e dans son champ est trompeuse. Et des émissions de télévision pour leur trouver un ou une partenaire n’aident pas à se défaire de l’image de l’agriculteur.trice solitaire. Tout au contraire, la ferme est un lieu d’échanges et de rencontres. Entre les contacts avec les autres agriculteurs, il y a les relations avec les collaborateurs extérieurs, le service vétérinaire, les fournisseurs, les clients potentiels pour ceux qui vendent en direct et les visites pour ceux qui mettent en place des gîtes, des fermes pédagogiques, etc. L’agriculteur.trice est donc bien loin d’être seul.e.

8.
Un seul mode de production est bon pour le climat ?

Faux. Dans notre agriculture moderne, on a l’opportunité de pouvoir recourir à plusieurs modes de production : traditionnel, bio, raisonné… Il n’y a pas qu’une seule voie, meilleure qu’une autre. Tout dépend de la vision de son métier qu’a l’agriculteur et de ses choix : les objectifs fixés, le ou les  produits cultivés,  la surface disponible, le type de sol, etc.  Tout en s’adaptant aux caprices de la météo et à l’évolution du climat.